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ISSIAKA KABORE, PSYCHOSOCIOLOGUE EN MANAGEMENT DES RESSOURCES HUMAINES, A PROPOS DU STRESS EN MILIEU SCOLAIRE : « En plus du mauvais stress, il y a le bon stress »

 

Issiaka Kaboré, psychosociologue en management des ressources humaines et psychanalyste, que nous avons rencontré le 3 février 2016  lors d’une interview, nous parle du stress en milieu scolaire. Dans cette interview il nous indique les causes, les formes  du stress en milieu scolaire et explique comment l’éviter.

 

Votre santé : Qu’appelle-t-on stress en milieu scolaire ?

Issiaka Kaboré : Le terme  stress a une définition polyvalente. Selon les puristes, le stress est l’ensemble des perturbations biologiques  et psychiques provoquées par une agression quelconque sur l’organisme. Le stress est encore  l’ensemble des réactions émotionnelles, cognitives, comportementales et physiologiques avec des effets néfastes et nocifs qui dénaturent le travail, son organisation, son environnement. En français facile, il s’agit de l’inadéquation entre le poids du travail et des études avec la personnalité de l’enfant ou de l’individu.

 

Qu’est-ce qui provoque le stress en milieu scolaire ?

En général, c’est le poids du travail.  La succession des devoirs, la programmation des devoirs, des interrogations écrites. Lorsque l’élève n’est pas rationnel ni organisé, il laisse les leçons s’accumuler et juste avant les examens, il veut faire ce que les jeunes appellent un « decapi ».

Au-delà de tout cela, il faut que l’élève ait un plan d’études et une planification, et qu’il sache utiliser son temps. Le manque de repos peut également provoquer le stress. Lorsque l’enfant est toujours enfermé avec ses cahiers et ne se repose pas assez, lorsque l’enseignant n’est pas un fin psychologue, ne met pas l’enfant dans les conditions de travail, et ne fait que professer des  signes de reconnaissance négative envers l’enfant avec des phrases du type  « tu ne vaux rien », l’enfant peut être affecté mentalement et psychologiquement.

Y a-t-il plusieurs formes de stress ?

Effectivement, il y a le stress aigu. Ce stress se présente en tout temps en milieu scolaire. Le stress aigu répété, c’est le stress chronique ou pathologique  dans lequel l’individu est affecté psychologiquement ; il faut dans ce cas un suivi médical. Dans ce genre de cas, il faut une catharsis, c’est-à-dire une série d’entretiens où l’on purifie l’élève pour le réconcilier avec lui-même car, le sujet stressé est en conflit permanent avec lui-même, avec la société. Il devient agressif, mégalomane, mythomane et très fragile. Donc, Il faut le canaliser.

 Mais il faut retenir que le stress est un couteau à double tranchant car, au-delà de tous les stress répétés, il existe le bon stress qui permet à l’élève ou à l’individu de se remettre en cause. L’enfant doit se dire qu’il n’a pas droit à l’erreur et se mettre au travail. Une question de motivation et d’énergie.

 

Quels sont les élèves qui sont le plus exposés ?

 

Les élèves en classe d’examen qui préparent le CEP, le BEPC, le Bac (où le programme est fleuve) avec le spectre, la peur d’échouer. Il existe des cas de surmenage, les jours d’examen où les enfants n’arrivent pas à composer.

Les parents ont-ils leur part de responsabilité dans le stress scolaire ?

Les parents ont leur part de responsabilité. Quand ça ne va pas à la maison, quand les parents sont en conflit, cela affecte l’enfant. Quand Il n’y a pas de cohésion, l’enfant supporte une charge négative ; le poids des problèmes  peut faire craquer l’enfant. Les parents doivent jouer leur partition pour créer un environnement heureux pour l’enfant. Les parents ont donc le devoir de s’impliquer dans les études de l’enfant. Ils doivent vérifier que l’enfant ne laisse pas ses leçons s’accumuler, qu’il ne consomme pas les stupéfiants.

 

Quels conseils donner à l’enfant pour éviter le stress en milieu scolaire ?

Les solutions  sont simples. Un élève qui veut éviter le stress, doit être  organisé, rationnel. Il doit veiller à planifier son temps. Le repos est très déterminant dans les études. Il est conseillé à un élève  d’avoir au moins 6 heures de sommeil par jour. Les enfants doivent avoir des comportements spirituels, avoir des séries de concentration comme le Yoga, et faire souvent  le jeûne  en dehors des jours de jeûne chrétien et musulman. Le sport et le fait de faire souvent des sorties récréatives sont déterminants pour cultiver la pensée positive, la confiance en soi qui est très importante.

Un mot pour conclure

Je salue votre démarche atypique surtout pour le milieu scolaire qui semble avoir été abandonné. Parler du stress en milieu scolaire est très important car il faut pour l’enfant une tête à la fois bien faite et bien pleine. Ceci pour rejoindre Rabelais qui disait que science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Il faut que le gouvernement instaure la prise en charge psychologique des élèves dans  le programme scolaire pour un travail de suivi, de conscientisation auprès des enfants.

Valérie TIANHOUN

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