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AVORTEMENT CLANDESTIN   La mort de la jeune Angélique qui interpelle les consciences

 

 

L’avortement clandestin est l’interruption volontaire du fœtus  et non autorisée. La grande majorité des filles qui mettent fin à leur grossesse, le font dans le secret, par peur de poursuites et pour éviter la stigmatisation sociale qui entoure la pratique. La plupart des avortements clandestins se produisent dans des conditions à risque. Cela met en danger la santé et la vie des femmes. Le cas précis de Angélique interpelle les jeunes ainsi que les parents à veiller à une éducation sexuelle à l’endroit des jeunes.

 

C’est dans un lit ensanglanté du Centre hospitalier régional (CHR) de Dédougou que le corps raide de Angélique était posé dans la soirée du 25 mai dernier. En fait, les cris de sa mère à côté du lit d’hospitalisation nous alertaient que la jeune Angélique a perdu la vie. La mine froissée du médecin de garde qui laissait entrevoir la compassion, ne pouvait pas soulager la maman de Angélique par quelques mots de soutien. « Angélique ! Pourquoi tu m’as-tu fait ça ? Docteur, dites-moi que ma fille n’est pas morte !», criait la maman, les larmes … sur le visage. « Madame, j’ai fait tout mon possible pour la sauver mais le produit qu’elle a pris, était trop toxique et il avait déjà fait effet avant que vous n’arriviez dans le centre. Elle a essayé d’avorter, mais les choses se sont mal passées, donc …», lâcha le médecin avant de s’éclipser. Egrainant son chapelet, le père d’Angélique ne pouvait pas, lui aussi, retenir ses larmes. « Seigneur, pourquoi c’est mon unique fille que tu nous a donnée qui nous quitte ? », se demandait-il, le regard figé au ciel.

Angélique avait été auparavant conduite chez l’infirmier du CSPS de Soukuy, un village voisin de celui de Bokuy. Ayant constaté que la jeune fille souffre de douleurs liées à un avortement provoqué clandestin, l’infirmier qui les a reçus, a refusé de lui apporter des soins. « Amenez-la en soin à Dédougou ou dans un autre centre de santé, je ne peux pas soigner une criminelle», avait dit l’infirmier. Angélique était une jeune fille du village de Bokuy, une localité située à une dizaine de kilomètres de Dédougou dans la province du Mouhoun.

 

L’auteur de la grossesse menace de tuer Angélique…

 

D’un père catéchiste et d’une mère jardinière, Angélique, âgée de 15 ans, faisait partie, selon les témoignages, des filles les plus respectueuses et polies du village. La jeune Angélique pratiquait la chorale à l’église de son village. Timide et très respectueuse, elle ne désobéissait jamais à ses parents. La mère d’Angélique ne pouvait imaginer que sa fille adorée peut avoir des relations sexuelles avec un homme. Mais Angélique a bel et bien goûté le fruit défendu dans l’ignorance comme beaucoup de jeunes filles au Burkina Faso. Se tournant vers Julien, l’auteur de sa grossesse, ce dernier a tourné le dos à Angélique et a menacé de la tuer si toutefois elle parle de sa grossesse à quelqu’un. Par souci de ne pas décevoir ses parents et ternir leur réputation dans le village, elle a tenté, avec l’aide de la  vieille Bwa, tradipraticienne du village à qui elle s’est confiée, d’avorter. Mais hélas ! Les décoctions de « Bwa » ne feront que conduire la jeune Angélique au cimetière sous le regard impuissant des médecins et regrettable des parents !

 

Valérie TIANHOUN

 

 

 

ENCADRE

 

 

Dr Kiemtoré, gynécologue : « Au Burkina, en 2017, selon l’annuaire statique DEP du ministère  de la Santé, 7% de décès maternel était lié aux complications d’avortement. Les facteurs de risque de mort de ces avortements clandestins sont liés à la qualification de l’agent avorteur, au type d’agent abortif, au lieu où est pratiqué l’avortement et à l’âge de la grossesse. Les raisons du recours à l’avortement clandestin sont la contrainte sexuelle ou le viol, le problème de santé physique ou mentale, l’échec de la contraception, l’abandon ou la relation instable, les problèmes financiers et le jeune âge. Le profil des femmes qui ont recours à l’avortement à risque, sont les jeunes, notamment les élèves célibataires. Au Burkina Faso, l’avortement n’est autorisé que pour sauver la vie et protéger la santé de la femme enceinte, et dans les cas de viol, d’inceste ou de graves malformations fœtales».

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