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BOUREIHIMAN OUEDRAOGO, DIRECTEUR EXECUTIF DE L’ABBEF : « Il faut que les gens arrêtent d’avoir des préjugés sur les méthodes contraceptives »

 

Le Burkina Faso depuis 2013, commémore  la semaine nationale de la planification familiale. Cette année, c’est du  8 au  14 mai 2017, que cette semaine de la planification familiale a été commémorée. Au cours de cette célébration, plusieurs activités de promotion ainsi que des plaidoyers en faveur  de la planification familiale ont été faits. Pour mieux s’imprégner des activités menées au cours de cette semaine, les défis en matière de planification familiale, nous avons rencontré  le directeur exécutif de l’association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF), Boureihiman Ouédraogo, le 30 mai dernier à Ouagadougou. Lisez !

 

Votre Santé : Du 8 au 14 mai dernier s’est tenue la semaine nationale de la planification familiale. Quels sens donnez-vous à cette semaine de célébration ?

 

Boureihiman Ouédraogo : La planification familiale est le fait d’espacer les naissances. Nous donnons à cette semaine un sens profond, car c’est une approche qui consiste à  repositionner la planification familiale  comme un pilier de lutte contre la mortalité infantile et maternelle et de lutte contre la pauvreté. C’est une trouvaille du ministère de la Santé et de l’ensemble des acteurs qui interviennent dans le domaine de la planification familiale. Il faut noter que cette semaine est aussi une semaine de plaidoyer, de mobilisation sociale et d’offre de service de planification familiale. Dans notre pays, sur toute l’étendue du territoire national, il est organisé cette semaine annuellement pour booster les indicateurs de planification familiale.

 

Concrètement pour cette édition qu’est ce qui a été fait comme activité au cours de cette semaine ?

 

Notons, qu’au cours de cette semaine il a été réalisé des activités de sensibilisation, des causeries, des activités de projection de films, des d’entretien conseil, des séances de plaidoyer et des activités d’offre de service de planification familiale. Donc c’est vraiment une opportunité où toute la communauté était mobilisée et cela s’est ressenti par le niveau élevé de fréquentation des différentes formations sanitaires, preuve de l’engouement des populations pour demander les services de planification familiale. Les méthodes contraceptives ont été offertes gratuitement afin de permettre aux populations, et surtout la tranche jeune de connaître davantage ce que c’est que la planification familiale, mais aussi les moyens d’éviter des grossesses non désirées.

 

Quels sont les tendances actuelles en matière de pratique de planification familiale au Burkina Faso ?

 

Disons que depuis ces cinq dernières années, on a senti un regain d’intérêt pour la planification familiale. Le gouvernement a adopté un plan national de relance de la planification familiale qui a couvert la période 2013-2015. Et  au cours de cette période, la mise en œuvre a été évaluée il y a de cela quelques semaines et on a noté une amélioration des indicateurs au niveau de la planification de façon spécifique. Les objectifs fixés étaient d’atteindre 25%, c‘est-à-dire de passer de 15% en 2010 à 25% en 2015. Après la mise en œuvre nous avons constaté une amélioration ; certes nous n’avons pas atteint les 25% tant souhaités mais, les réalisations s’équilibrent autour de 22,5%. C’est un bon qualitatif, ce sont des résultats forts encourageants et une des activités phares qui ont contribué à la réalisation de cette amélioration, c’est la semaine nationale de la planification familiale qui existe depuis 2013. Cette semaine est organisée à tel point que les partenaires et le ministère ont décidé depuis 2016 d’organiser  deux semaines nationales de planification familiale par année au lieu d’une seule.

 

Pensez-vous que le taux de prévalence contraceptive de 32% que souhaite atteindre le gouvernement en 2020 pourra être réalisé et dans quelles conditions ?

 

Bien sûr que ce taux est tout à fait  réalisé. Lorsque l’on voit les tendances qui ont été enregistrées au cours du plan 2013-2015, on est fort aisé de dire que ce taux de 32% qui est l’objectif du nouveau plan d’accélération de la planification familiale que le ministère veut mettre en œuvre entre 2017 et 2020 est réalisable. Mais cela demande  justement que l’on puisse maintenir le cap actuel, et même le renforcer parce que dans le plan d’accélération, un focus sera mis sur les activités à gain rapide c’est-à-dire les activités qui ont un haut impact sur l’utilisation des services  de planification familiale. Il s’agit notamment des journées spéciales PF telles que la semaine nationale de la planification familiale, la délégation des tâches dans le domaine de la planification familiale, l’offre de service de PF à travers les équipes mobiles. Nous espérons également l’accompagnement des partenaires techniques et financiers et celui des organisations de la société civile comme l’ABBEF pour pouvoir atteindre, voire, dépasser cet indicateur. Dans tous les cas nous n’avons pas le choix, nous avons l’obligation en tant que Burkinabè de réaliser cet indicateur parce que cet indicateur contribue à atteindre les indicateurs et les objectifs fixés dans le plan national de développement économique et social (PNDES) de notre pays.

 

Vous avez évoqué la question du repositionnement de la planification familiale dans la politique de santé  au Burkina. Quelle est la situation aujourd’hui ?

 

Disons que la situation est assez encourageante parce que beaucoup d’efforts ont été consentis par le gouvernement et les partenaires pour faire en sorte que la planification familiale soit dans toutes les formations sanitaires. Dans notre pays.  Un effort particulier a été mis sur la formation du personnel, sur l’équipement des formations sanitaires, sur la disponibilité des produits contraceptifs au niveau de nos formations sanitaires et également un bon mécanisme de suivi a été mis en place pour minimiser les ruptures de stocks. Et même que le gouvernement a pris des dispositions pour subventionner à plus de 90% certaines méthodes contraceptives qui sont mises à la disponibilité des communautés et tous les actes en matière de planification familiale sont gratuits dans les formations sanitaires. Il y a aussi l’accompagnement des organisations de la société civile qui créent la demande en services de planification familiale, sont actives dans la sensibilisation, à travers la communication pour le changement de comportement parce que dans notre pays il y a encore malheureusement la persistance de certains facteurs qui tirent les indicateurs vers le bas. Cela constitue un défi majeur pour nous parce que nous sommes un pays où les gens ont encore un esprit un peu pro nataliste et en plus de cela il y a des rumeurs qui ne sont pas toujours fondée sur les méthodes contraceptives. Il y a certaines personnes qui font des affirmations  comme quoi la contraception  provoque des maladies, la stérilité. Cela entraine  des situations désagréables. Nous disons à ces personnes qu’en réalité il est bon que lorsqu’elles ont des  préoccupations spécifiques liées à la contraception  de toujours se référer aux spécialistes du domaine qui vont l’éclairer parce qu’en aucunement moment le but premier d’un médicament est  de nuire  à la santé d’une personne. Un médicament est sensé soigner quand il est bien pris. Il faut arrêter l’automédication, il faut éviter de prendre les médicaments soi-même, il faut toujours se faire consulter par des spécialistes qui vont trouver les produits qui sont les mieux adaptés à votre organisme avant de les prendre. Sinon, nous disposons d’une gamme variée de méthodes contraceptives, notamment des méthodes dites réversibles, lorsque vous voulez espacer les naissances, retarder la survenue d’une grossesse. Après avoir utilisé ces méthodes, si vous souhaitez avoir un enfant il faut juste voir un spécialiste qui vous conseillera sur les précautions à prendre.  Aussi, il y a des méthodes irréversibles ; cela c’est lorsque l’on pense avoir assez d’enfants et que l’on décide de ne plus en avoir. Dans ce cas l’on utilise ces méthodes irréversibles. Et il y a la vasectomie pour les hommes et  la ligature des trompes pour les femmes.

 

Es-ce que vous avez d’autres commentaires à faire sur la planification familiale ?

 

C’est un appel que je voulais lancer à l’ensemble de nos populations des villes et des campagnes, un appel sur l’acceptation des services de planification familiale parce que cela va contribuer véritablement à améliorer  la qualité de vie de nos communautés. Cela va également permettre aux familles de maintenir  et renforcer la santé de la mère et de l’enfant, et cela permettra également aux couples de pouvoir  sauvegarder leurs ressources qui auraient pu être injectées dans les  soins maternels et infantiles quand les enfants sont malades. Quand on fait des enfants de façon rapprochée, cela joue négativement sur la santé de la mère  et sur la santé de l’enfant alors que quand on espace les naissances, la mère se porte beaucoup mieux et l’enfant également ; et cela permet de dégager des ressources pour satisfaire d’autres besoins. Quand vous prenez par exemple la jeune fille qui va à l’école, au primaire ou au secondaire, si de façon prématurée elle tombe en grossesse, cela peut jouer sur sa formation et entraîner son abandon. Cela peut également avoir des conséquences fâcheuses quand par exemple elle s’engage malgré elle à faire des avortements. Cela peut ce qui entraîner des conséquences également qui peuvent  aller jusqu’à   la perte de la vie de la personne. Nous demandons à ce que les familles, les couples puissent véritablement s’engager à s’informer et à utiliser les services de planification familiale. A l’endroit des partenaires techniques et financiers, c’est un appel pour qu’ils puissent continuer à apporter leurs soutiens à l’amélioration des programmes de planification familiale dans notre pays pour faire en sorte que partout où l’on est au Burkina, que l’on puisse disposer des produits de planification à des coûts abordables pour nos communautés. Aux différents partenaires de nos ministères notamment de la santé et les organisations de la société civile, c’est de faire en sorte que les services qui sont offerts soient des services de qualité et que ce soit également des services conviviaux qui puissent permettre aux jeunes gens d’utiliser  les services de planification familiale. C’est à ce titre que nous pourrons justement bénéficier du  dividende démographique.

 

Valérie TIANHOUN

 

Légende

 

1-         L’espacement des enfants, c’est-à-dire la planification familiale passe par ces  différentes méthodes contraceptives

 

2-         « Nous espérons l’accompagnement des partenaires techniques et financiers et des organisations de la société civile pour pouvoir atteindre, voire dépasser cet indicateur », a indiqué le directeur exécutif de l’ABBEF, Boureihiman Ouédraogo

 

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