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CANCER DU COL DE L’UTERUS « Quelqu’un dont le proche a été victime du cancer a-t-il de forte chance d’être également atteint de ce mal ? », Situez moi s’il vous plaît, Dr Zongo.

CANCER DU COL DE L’UTERUS

« Quelqu’un  dont le proche a été victime du cancer a-t-il de forte chance d’être également atteint de ce mal ? », Situez moi s’il vous plaît, Dr Zongo.

Notre rubrique « INTERACTIVE » de ce mois d’août parle du cancer de col de l’utérus. Dans ces lignes, les interlocuteurs ont voulu savoir si le cancer du col de l’utérus est héréditaire et les précautions à prendre pour l’éviter.  Lisez les échanges entre les interlocuteurs et le cancérologue, Dr Nayi Zongo !

 

M.S. : Le cancer de l’utérus est une maladie causée par un virus HPV. On ne guérit pas de cette maladie car son traitement est symptomatique. Maman en  a souffert et malheureusement, cette maladie la emportée. On dit souvent qu’elle ne se présente que quand la maladie a atteint la phase finale. Chez maman on nous a dit qu’il fallait enlever l’utérus dix ans avant. Mais dommage que l’on ne l’a pas su à temps et elle a rendue l’âme sous notre regard impuissant et celui des docteurs.

Mes questions pour vous Dr Zongo sont qu’en tant que cancérologue, Quel risque courons mes sœurs et moi d’être atteint de ce mal, car d’aucuns disent que le cancer est souvent héréditaire? Qu’en est-il pour nos progénitures, pourraient –ils en souffrir aussi? Quelles précautions devons-nous prendre pour être à l’abri d’une telle maladie?

 

 

 

 

  1. Y.: Le cancer est une tumeur qui se développe dans le corps. Il est généralement imperceptible sauf à partir d’examen médicale. Selon mes connaissances, il n’existe pas de remède véritable pouvant lutter ou soigner le cancer. J’ai eu une sœur qui souffrait d’un cancer du col de l’utérus. Les médicaments et les traitements par chimio n’ont malheureusement pas pu la soigner.

A votre avis Dr Zongon, selon certains, quelqu’un dont le proche a été victime du cancer a de forte chance également d’en souffrir. Cela est-il avéré ? Et comment peut-on prévenir le cancer ?

 

Les réponses du Dr Nayi Zongo, cancérologue au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo

Chers interlocuteurs, si un membre de la famille au premier degré (maman, sœur) a déjà souffert du cancer de col de l’utérus, il y a un risque plus important pour la personne de présenter cette maladie. Donc, ce sont des personnes à surveiller régulièrement. Cela signifie qu’il y a une note d’hérédité, mais qui est faible. Mais il faut préciser que le cancer du col de l’utérus n’est pas transmissible par contact comme le pense certaines personnes.

 

Le cancer du col de l’utérus est une prolifération anarchique de cellules n’obéissant plus aux besoins de l’organisme, avec tendance à envahir tout le col de l’utérus, les organes de voisinage et des organes à distance. Cela aboutit à la mort de l’organisme hôte si aucun traitement n’est fait.

Toutes les femmes peuvent faire le cancer du col de l’utérus.  Dans la majeure partie des cas, ce sont des femmes qui portent l’infection au Papilloma Virus Humain (HPV) depuis plus de 10 ans. Les femmes les moins exposées au cancer du col de l’utérus sont les femmes qui n’ont jamais eu de rapports sexuels (sœurs religieuses par exemple).

C’est l’infection persistante (10 -15 ans) qui induit le cancer du col de l’utérus.

Pour la lutte contre le cancer du col de l’utérus, trois actions sont utiles :

  • Prévention primaire: Elle consiste à lutter contre les facteurs de risque et surtout le Human Papilloma Virus qui est impliqué dans plus de 80% des cancers invasifs du col de l’utérus. La vaccination empêche l’infection par le virus. Les vaccins utilisés actuellement sont le GARDASIL et le CERVARIX. Ces vaccins sont dirigés essentiellement contre les stéréotypes 16 et 18 avec une efficacité croisée pour les stéréotypes apparentés 31, 33, 45 (efficacité 70%). Le public cible est constitué par les femmes qui n’ont pas encore été en contact avec le virus donc qui n’ont pas encore eu de rapports sexuels. Les moins de 14  ans sont donc concernés par le vaccin.  Les filles doivent donc être vaccinées entre 9 et 13 ans. La vaccination pourrait également s’étendre aux  14 à 24 ans, si elles sont toujours vierges ou si le premier rapport sexuel date de moins d’un an.

En dehors de ces  deux vaccins, il faut également citer le NANOVALENT (9-valent virus like particle vaccine against human papillomavirus) qui protège contre beaucoup plus de sérotypes disponibles dans le contexte burkinabé (6, 11, 16, 18 mais aussi 31, 33, 45, 52, 58).

Prévention secondaire et dépistage:

Le dépistage  détecte les modifications induites par le virus (prévention secondaire)  pour les empêcher d’aboutir au stade cancer et aussi les cancers à leur début (encore guérissables). Le frottis cervico-vaginal (FCV) à partir de 25 ans tous les 3 ans jusqu’à 65 ans. C’est le gold standard mais coûte relativement cher pour nos populations. C’est pourquoi l’organisation mondiale de la santé (OMS) a trouvé une alternative moins chère avec de bons résultats utilisés dans notre contexte. Ce sont l’inspection visuelle après application d’une solution d’acide acétique/ lugol (IVA, IVL). Le résultat est immédiat et acceptable. Ce texte est gratuit dans tous les centres de santés publiques au Burkina Faso grâce aux efforts du ministère de la santé et à la volonté du gouvernement burkinabé. Nous invitons toutes les femmes à se faire dépister. Devant une lésion précancéreuse, il faut se rendre à l’hôpital. Elles sont traitées par :

  • Cotisation chirurgicale: obsolète
  • Résection à l’anse diathermique (RAD) : consiste à reséquer le tissu anormal, avec du fil métallique chauffé. Elle se fait dans les hôpitaux équipés.
  • La Cryothérapie : consiste à détruire le tissu anormal par le froid (destruction/congélation).

En cas d’atteinte, il faut se rendre à l’hôpital, rencontrez un gynécologue ou un cancérologue. Il vous guidera tout au long de votre traitement.

En ce qui concerne les différentes phases de la maladie, de façon simplifiée de l’histoire naturelle du cancer du col de l’utérus sont :

  • infection par Human Papilloma Virus depuis plus de 10 ans
  • Apparition de modification des cellules du col de l’utérus
  • Apparition de cellules cancéreuses
  • Envahissement du col de l’utérus
  • Envahissement des organes de voisinage
  • Envahissement des organes a distances
  • Mort de la patiente.

Le traitement reste fonction de trois éléments : le stade de la maladie, la malade elle-même, et le contexte du travail. Dans les pays qui disposent de la radiothérapie, les femmes sont traitées par une radio-chimiothérapie concomitante +/- une chimiothérapie ou alors par une chirurgie.

Au Burkina Faso, à moins de disposer de moyens pour aller faire de la radiothérapie dans un autre pays, les femmes sont traitées par chirurgie et/ou chimiothérapie. Il n’y a pas encore de radiothérapie au Burkina Faso. L’espoir réside dans le centre de cancérologie en construction.

L’augmentation du nombre de cancer est un phénomène mondial et pourrait être expliqué par :

  • une meilleure détection des cas
  • l’augmentation de la population mondiale (ratio)
  • le vieillissement de la population. Le vieillissement est le premier facteur de risque des cancers (BALDUCCI)

L’infection à VIH est aussi un terrain favorable à l’apparition du cancer du col de l’utérus. Les femmes présentant la coïnfection VIH et Human Papilloma Virus font leur cancer à un âge plus jeune. Donc j’invite toutes les femmes du Burkina Faso à se rendre régulièrement dans les centres de santé pour le dépistage. Il est gratuit, il est efficace et vous sauvera la vie.

 

Légende

  • Dr Nayi Zongo répondant aux préoccupations des interlocuteurs

 

 

 

 

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