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HYGIENE SEXUELLE DES JEUNES EN MILIEU SCOLAIRE: Quand des W.C deviennent source de maladies

L’hygiène sexuelle des jeunes est un phénomène auquel les responsables d’établissements scolaires doivent veiller. Certaines toilettes dans des écoles de Ouagadougou laissent à désirer. Celles-ci sont souvent source de maladie et d’infection chez les jeunes et les jeunes filles sont surtout celles qui sont les plus vulnérables. Dans ce reportage, des jeunes lycéens accusent les responsables d’établissement de ne pas veiller à l’hygiène sexuelle.

 

Il est 14h ce 17 octobre 2019 à Ouagadougou. Le soleil est au zénith et la circulation très dense aux alentours du rond-point des Nations Unies. Alice Ouédraogo, habitant à la périphérie de Ouagadougou et élève en classe de 1re au lycée Philippe Zinda Kaboré, avec son sac au dos, a de la peine à traverser la voie pour rejoindre le service de l’ex-SONAPOST. Après quelques hésitations et de faufilage entre les véhicules, la jeune fille est dans la cour de l’ex-SONAPOST. Qu’est-ce qui a bien pu amener Alice dans ce service ? Vient-elle rendre visite à quelqu’un ou pour faire des recherches? Loin de tout ça ! La jeune élève est juste venue solliciter les toilettes de ce service pour changer son coton hygiénique. « A chaque période de mes menstrues, pendant l’année scolaire, je suis obligée de venir demander les toilettes de l’ex-SONAPOST pour changer mes tampons hygiéniques compte tenu de l’état de nos WC au lycée », nous confie-t-elle. Alice, comme la plupart des élèves de cet établissement, déplore le fait que les toilettes ne soient hygiéniques pour utilisation par les élèves comme elle qui restent à l’école les midis. « Même pour se soulager, il faut faire des acrobaties vu l’état de nos toilettes qui sont très sales. Comparativement aux garçons, nous les filles, dans ces conditions, pouvons vite piquer une infection sexuelle », a-t-elle déploré.  Alice lance un appel aux responsables de l’administration du lycée ainsi qu’aux bonnes volontés pour qu’on leur vienne en aide à disposer de WC propres et adaptés pour leur hygiène sanitaire. Shaïda Nana, une adolescente de 18 ans, déclare être au lycée Philippe Zinda depuis 2 ans mais n’a jamais utilisé les toilettes de cet établissement. Sur l’interdiction de sa mère d’utiliser ces toilettes source de maladies, Shaïda préfère uriner dans un sachet qu’elle va ensuite jeter dans le WC. « Ma mère m’a interdit toute utilisation des toilettes à l’école. Ces lieux, pour elle, causent des maladies comme des pertes blanches, la syphilis et autres infections vaginales aux jeunes filles, compte tenu des microbes qu’ils contiennent», nous a-t-elle signifié.  Hamadou Diallo souffre aussi de l’état des toilettes. « Quand le moment de prendre les ablutions arrive, je souffre. Rien qu’à penser le fait que je dois utiliser des toilettes sales et cracheuses, je tremble. Mais je n’y peux rien », a-t-il dit. Si pour lui les élèves ne gardent pas les lieux propres, la faute aussi se trouve au niveau des responsables d’éducation qui ne prennent pas le volet hygiène sanitaire dans les établissements au sérieux selon lui. Le lycée Philippe Zinda Kaboré est un vieil établissement qui date de longtemps et toutes ses infrastructures sont vétustes et dépassées. Hamadou souhaite que les autorités se penchent sur l’aspect hygiène de façon générale dans les établissements pour de meilleures conditions d’études et d’apprentissage des élèves. Pour les responsables de l’administration de cet établissement, ce sont plutôt les élèves eux-mêmes qui sont à la base de l’état de ces toilettes. « On a beau sensibiliser et même punir, mais les comportements inciviques ne font que perdurer », a laissé entendre l’un des surveillants du lycée. « L'état des sanitaires n'est pas sans conséquences sur la santé des jeunes: pathologies induites, risques de transmission bactériologique, atteinte au bien-être des personnes », a laissé entendre le gynécologue Arnaud Toé lors d’une interview. Pour lui, dans la plupart des lieux publics notamment les écoles, les WC ne sont pas bien entretenus si fait qu’elles sont sources de maladies. Il en appelle alors à plus de sensibilisation et de comportement de citoyenneté afin que les WC publics soient sains. Le gynécologue a aussi appelé les responsables d’établissement et d’hygiène à se saisir de la journée mondiale des toilettes célébrée chaque 19 novembre de l’année pour sensibiliser et parler du bien-fondé de l’entretien des toilettes dans les écoles. Les WC, selon lui, doivent aussi faire partie des infrastructures des écoles.

 

Valérie TIANHOUN

 

 

 

 

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