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LUTTE CONTRE LES MUTILATIONS GENITALES FEMININES : Les enfants réclament des lois plus dissuasives  

 

Le parlement des enfants du Burkina a commémoré, en différé, la 13e journée internationale Tolérance Zéro aux mutilations génitales féminines ce 28 février 2016. « Ensemble, mobilisons-nous pour contribuer à la réalisation de  nouveaux objectifs mondiaux à travers l’élimination des mutilations génitales féminines d’ici à 2030 ». Tel est le thème retenu pour la commémoration de la journée initialement prévue pour le 6 février. Commémorant la journée, en collaboration avec le Conseil national de lutte contre la pratique de l’excision, le parlement des Enfants a organisé une marche en direction de l’Assemblée nationale où il a remis un message au président de la représentation nationale, Salifou Diallo, assisté de ses vice-présidents.

« Combattons l’excision » ! « Excision, plus jamais ça » ! « L’excision n’a pas d’avantages. Combattons-la » ! « Eradiquons l’excision à tout prix » ! Ce sont autant de slogans que l’on pouvait lire sur certaines des pancartes tenues par les enfants venus nombreux, d’écoles d’horizons divers, pour commémorer la 13e journée internationale Tolérance Zéro aux mutilations génitales féminines. La marche des enfants contre la pratique de l’excision, ce 28 février, a commencé  au rond-point de la Bataille du rail, au pied du mur du Conseil burkinabè des chargeurs. La première dame du Faso, Sika Kaboré, la ministre de la Femme, de la solidarité nationale et de la famille, Laure Zongo/Hien, le représentant du Représentant résident de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation et l’enfance (UNICEF) au Burkina, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et les associations et organisations de la société civile, étaient aux côtés des représentants des enfants du Burkina pour dire « Stop à la pratique de l’excision au Burkina Faso » ! Avant la procession des enfants vers le parlement, le représentant du Représentant résident de l’UNICEF a salué l’initiative de la marche, l’engagement du gouvernement et de la première dame du Faso pour la promotion du bien-être des enfants à travers la lutte contre les mutilations génitales féminines qui constituent une atteinte grave à la dignité et à l’intégrité physique de la fille et de la femme. La ministre de la Femme, de la solidarité  nationale et de la famille  a, dans son discours, salué les parents, les partenaires du Burkina et tous les acteurs pour leur soutien aux enfants à travers leur mobilisation pour la promotion des droits des enfants, la lutte contre les mutilations génitales féminines notamment. La commémoration qui devait avoir lieu le 6 février est faite en différé pour des raisons de contraintes, selon la ministre de la Femme qui a précisé que la lutte contre l’excision est en phase avec les objectifs du développement durable. Elle a ajouté que l’excision est un danger pour la santé, la vie des femmes et des enfants. Elle a signifié que l’initiative du parlement des enfants a pour but d’interpeller les députés sur la condition des enfants et de demander leur engagement afin qu’ils mènent le combat au niveau parlementaire au profit des enfants. Quant à la première dame, Sika Kaboré, elle a d’emblée notifié aux enfants et aux acteurs venus à la marche, toute son importance pour l’épanouissement des enfants, notamment les filles. « Chacun de nous peut faire quelque chose pour qu’aucune fille ne soit excisée encore au Burkina », a-t-elle lancé à l’assistance, plaidant pour plus d’efforts conjugués de tous les acteurs pour venir à bout de la pratique de l’excision. Elle a invité la ministre de la Femme à travailler à mettre en place une ligne verte pour que les enfants puissent dénoncer tout cas d’excision à l’avenir et alerter les  Forces de l’ordre à cet effet.

Plaidoyer des enfants pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles

Les enfants ont battu le pavé sur près d’un kilomètre pour s’adresser aux députés à travers leur président et vice-présidents qui les attendaient. La présidente du Parlement des enfants, Karine Balma, a dit devant les parlementaires que les mutilations génitales féminines affectent encore la vie de beaucoup de femmes et d’enfants au Burkina, malgré les résultats encourageants réalisés dans la lutte contre le phénomène. Elle a rappelé le taux de prévalence de l’excision qui se situe à 13% pour les enfants de 0 à 14 ans  d’après les derniers  chiffres des enquêtes démographiques de santé. L’excision empêche l’atteinte de l’objectif 5 des Objectifs du développement durable, qui est de parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser les femmes et les filles. Karine et ses camarades sont venus demander l’appui des députés pour l’aboutissement de leur plaidoyer pour une tolérance zéro aux mutilations génitales féminines par le durcissement des lois portant lutte contre l’excision. Le président de l’Assemblée nationale a, en réponse, rassuré les enfants que depuis 1996, le Burkina Faso lutte contre la pratique de l’excision à travers la loi 43 de novembre 1996 mais le phénomène persiste. 125 enfants ont fait les frais de l’excision en 2015 et sur 100 enfants excisés, 90 au moins avaient moins de 10 ans et 5 d’entre eux ont perdu la vie, selon  Salifou Diallo. « La manifestation de ce jour est une étape de la lutte que les enfants, parents et honnêtes citoyens mènent contre l’excision », a-t-il ajouté. Il a signifié aux enfants, au nom de la représentation nationale,  que la loi 43 de 1996 sera relue pour renforcer la répression contre la pratique de l’excision et sensibiliser toutes les couches sociales qui continuent d’avoir cette pratique dans leur mode d’existence. Il a rappelé que le président Roch Marc Christian Kaboré fait de la lutte contre les violences faites aux enfants, une des priorités de son programme et a demandé au gouvernement de prendre des mesures pour que les soins soient gratuits pour les enfants de 0 à 5 ans. Le président du parlement a rassuré les enfants que chaque député sera un gendarme contre l’excision, dans sa province d’origine. Il sera demandé aux députés, selon les mots de Salifou Diallo, de créer des comités de veille dans les provinces pour sensibiliser les populations à abandonner la pratique de l’excision dans les villages et hameaux de culture. Et cela, avec l’appui des Forces de sécurité.

Lonsani SANOGO

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