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r KYELEM JULIE/KAFANDO, Neurologue au service de neurologie au CHU-YO « Il ne faut pas avoir peur, ni honte de l’épilepsie »

 

Elle, c’est Dr Kyelem Julie/Kafando. Neurologue au service de neurologie au CHU-YO, elle s’occupe surtout de l’épilepsie  et  des enfants qui présentent des pathologies neurologiques. « Le neurologue,  c’est le spécialiste qui prend en charge les maladies du au système nerveux c’est à dire le cerveau, la moelle épinière et les nerfs». Voilà ce que nous a confié la spécialiste qui nous a entretenus quelques dizaines de minutes sur l’épilepsie. Lisez plutôt !

Votre Santé : Qu’est-ce que  l’épilepsie ?

 

Dr Kyelem Julie/Kafando : L’épilepsie est une maladie neurologique chronique caractérisée par une répétition de crises épileptiques. La crise épileptique étant due à une hyper activité paroxystique d’un groupe de neurones cérébraux. Le terme paroxystique veut dire que les signes commencent et finissent brusquement. Plusieurs types de manifestations peuvent se voir la plus fréquente est la crise tonico-clonique. Une perte de la conscience peut survenir après la crise épileptique.

 

Quelles sont les causes de cette maladie chez l’enfant ?

 

Les causes sont multiples. Quand on parle de l’épilepsie de l’enfant, il y a ce qu’on appelle les causes structurelles ou lésionnelles. Cela veut dire que l’épilepsie est due une lésion cérébrale. Les  complications pendant la grossesse, et l’accouchement peuvent aboutir  à des souffrances fœtales provoquant des lésions cérébrales. Les infections du système nerveux tel que les méningo-encéphalites, les abcès du cerveau peuvent laisser des séquelles à type d’épilepsie. Les malformations cérébrales congénitales, les tumeurs cérébrales, les traumatismes crâniens sont également des causes d’épilepsie.  De plus en plus avec l’évolution de la science, certaines anomalies génétiques prédisposent à la survenue de crise épileptique.

 

Quels les manifestions de l’épilepsie ?

 

Les manifestations  de la crise épileptique  sont de plusieurs ordres. On distingue  les crises généralisées et les crises focales.

Les crises généralisées  peuvent être  toniques,  cloniques ou  tonico-cloniques. Les crises toniques sont des contractures musculaires soutenues, les parents décrivent que leurs enfants sont raides. Les crises cloniques, ce sont des secousses musculaires brèves. La crise tonico-clonique avec une phase tonique et une phase clonique. Les crises généralisées s’accompagnent souvent d’une perte de connaissance, parfois d’émission d’urine. Chez les enfants on rencontre également des crises d’absences : C’est le cas par exemple d’un enfant  qui, brusquement interrompt son jeu. On a l’impression qu’il est absent et puis il revient à lui en quelques secondes et reprend son jeu. Chez les enfants d’âge scolaire, l’enseignant peut constater qu’il s ‘arrête à un moment donné décrire et reprend l’écriture  après la crise, tout cela en quelques secondes. Les crises peuvent se manifester également par des chutes inexpliquées.

Les crises focales dépendent de la zone cérébrale responsable de l’épilepsie. Exemple : si ce sont les neurones de la vision qui est concernés le patient peut présenter des hallucinations visuelles. La personne perçoit la même image à chaque fois  alors que l’image n’existe pas.

 

Comment décririez-vous l’ampleur de cette maladie en votre vécu quotidien dans la prise en charge des patients qui en souffrent ?

 

C’est une maladie qui est fréquente, beaucoup d’enfants  sont concernées par cette pathologie  environ 200 sont régulièrement suivi dans notre service, de nouveaux cas continue d’être diagnostiqué par les pédiatres, les neurologues.

 

Peut-on guérir de l’épilepsie ?

 

L’épilepsie se traite. En fonction du type d’épilepsie nous prescrivons des médicaments antiépileptiques. Un suivi régulier et adéquat à chaque patient  est nécessaire pour la prise en charge de l’épilepsie. La prise en charge est souvent pluridisciplinaire faisant intervenir les pédiatres, les psychiatres, les neurologues et les neurochirurgiens.

 

Quelles sont les complications de l’épilepsie ?

 

Les crises épileptiques non traités peuvent se compliquer d’un état de mal épileptique avec des crises répétées ou rapprochées pouvant aboutir  à une perte de conscience prolongée. Ceci étant, je ne parlerais pas systématiquement de complications mais de conséquences. Des traumatismes tels que des brulures, des fractures peuvent survenir pendant les crises. L’épilepsie a des conséquences souvent négatives sur la qualité de vie de nos patients avec un impact sur la vie sociale (marginalisation, exclusion sociale…) sur le plan scolaire chez les enfants.

 

A ce propos, l’épilepsie est-elle une maladie contagieuse ?

 

Non ! Elle n’est pas contagieuse.

 

Est-elle héréditaire ?

 

Il existe des formes génétiques.

 

Y a-t-il des tranches d’âge concernées par l’épilepsie quand on prend le cas des enfants ?

 

Si je dois faire le point prenant le cas des enfants qui sont suivis à dans notre service, la majorité est constituée d’enfants qui ont entre trois et dix ans. Ce sont des enfants d’âge scolaire.  Dans une moindre mesure des  nouveau-nés, des nourrissons et des adultes sont concernés.

 

Peut-on prévenir l’épilepsie ?

 

On peut prévenir à exhortant par exemple les femmes à un bon suivi des grossesses et des accouchements planifier en milieu spécialisée. Le  respect du calendrier vaccinal.

 

Quelles sont les principales difficultés auxquelles sont confrontés les patients ?

 

Je parlerai surtout de l’accessibilité aux médicaments antiépileptiques. Les médicaments sont couteux. Souvent on est amené à adapter la prise en charge  thérapeutique de nos malades aux revenus du patient ou des parents.

 

Avez-vous un commentaire particulier à faire sur le sujet ?

 

Mon commentaire porte sur les préjugés concernant l’épilepsie. L’épilepsie peut arriver à tous les âges de la vie. Même la personne plus âgée peut se retrouver être malade de l’épilepsie. Il ne faut pas avoir peur, ni honte de l’épilepsie.  L’enfant fait une crise à l’école, ses camarades trouvent qu’il n’est pas normal et le fuient ; les enseignants ont souvent peur. De même, il faut avoir le reflexe consulter quand il y a  signes et se faire prendre en charge.  Je demande aussi aux patients d’adhérer  à la prise en charge.

 

Au fait, qu’est-ce qui est fait, à votre niveau (acteurs santé, médecins,) pour sensibiliser la population et les patients sur l’épilepsie ?

 

Nous avons mis en place une ligue burkinabé de lutte contre l’épilepsie avec des activités de sensibilisation et  d’information  sur l’épilepsie ainsi que des activités de formation destinées au médecin afin que l’épilepsie sorte de l’ombre et qu’elle ne fasse plus peur.

 

Valérie TIANHOUN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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